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The Edgar Stoëbel Committee

Quel est cet artiste de l'Ecole de Paris qui se dissimule sous l'état-civil de René Ichoua Teboul et qui se fait connaître sous celui d'Edgar Stoëbel, mystérieuse contraction de Teboul enracinée dans la numérologie qui le passionnait ?
Edgar Stoëbel, né près d'Oran (Algérie) en 1909 et mort à Paris en 2001 est un artiste multiple. Peintre et musicien, éditeur et philosophe, il fréquente le Montparnasse des artistes et la Coupole dès 1950. Il se lie avec des personnalités du spectacle dont il réalise le portrait et côtoie Chagall, Prinner, Michonze, Goetz, Zadkine. Noctambule, il interprète les chansons qu'il compose au Pub Olympia, se réservant la journée pour peindre et dessiner.

Au carrefour de la musique et de la peinture, Stoëbel, auteur de compositions classiques (notamment d'une symphonie « campagne d'Italie ») comme de musiques de variété (ses disques seront édités chez Berling's records), donnera à son écriture picturale cette dimension musicale et rythmée.

Le peintre de la Figurasynthèse
Mû par une pensée métaphysique et spirituelle du bonheur, Edgar Stoëbel invente son propre langage qu'il baptise dès 1960 du nom de Figurasynthèse et définit ainsi :
"Elle est l'image qu'on se fait d'un objet et non l'objet dans sa forme telle qu'elle nous apparaît : elle est subjectivée et ne représente plus qu'une forme irréelle sur tous les plans. Le rapport des formes entre elles constituent la Figurasynthèse."

Caractérisée par des formes cernées vigoureusement à partir d'arabesques onduleuses et une grande vivacité de couleurs, la Figurasynthèse est mise en oeuvre dans une riche thématique qui comprend, la figure féminine, les animaux, le paysage, des compositions abstraites et le thème de la judaïca. Edgar Stoëbel y voit "une ouverture à une imagination du rêve qui nous berce à chaque heure du temps. Un rêve fugitif."
Outre les questions plastiques qu'elles posent et les jeux picturaux qu'elles offrent, les oeuvres de Stoëbel témoignent de sa quête spirituelle : franc-maçon, il est également préoccupé par ses origines hébraïques et tente, dans sa quête humaniste d'un monde harmonieux où la femme joue le premier rôle, d'ajuster esprit et philosophie.
Son expérimentation tant formelle que technique participe de son aventure pour formuler l'univers. Convaincu de la valeur transcendantale du travail, il remet chaque jour sur le métier, dessins, aquarelles, gouaches, impressions, estampages, gravures, huiles ...

Chronologie :
1909 Naissance d'Edgar Stoëbel, de son vrai nom Ichoua René Teboul, le 21 décembre 1909, à Frenda (Algérie). Il est le second d'une famille juive de neuf enfants. Très tôt il manifeste des dons et une curiosité pour les choses de l'art. Il étudie et joue du violon. 1931 Edgar Stoëbel arrive à Paris pour travailler la musique. Le professeur Léon Eugène Moreau Grand Prix de Rome lui apprend l'harmonie, le contrepoint, la fugue et le piano. 1939 Déclaration de la guerre, Edgar Stoëbel est mobilisé et rejoint son corps d'infanterie. 1940 Après l'armistice, Edgar Stoëbel retourne dans sa famille à Oran en Algérie. Il ouvre un commerce avec son père et son frère tout en continuant à étudier la musique. Il dirige de petits orchestres. Il lit, apprend l'hébreu, s'immerge dans les textes sacrés de la Kabbale. Parallèlement, il découvre la peinture. 1942 Les Américains débarquent à Oran. Edgar Stoëbel est mobilisé auprès des américains dans le Corps Expéditionnaire Français du 7e Régiment des Tirailleurs Algériens. En décembre 1942, il participe à la Campagne d'Italie jusqu'à Rome et Tarente. Il débarque avec la 1re Armée du Général Clark à Naples. 1943 Edgar Stoëbel participe au débarquement en Provence. Le 19 août 1943, il atteint Saint-Tropez et Port-Vendres. Il participe à des opérations militaires jusqu'en 1945. 1946/1950 Il liquide ses affaires en Algérie et revient à Paris. Paris redevient le carrefour de l'art ouvert sur le monde. Il se consacre définitivement à la peinture et se situe dans la mouvance de la Nouvelle École de Paris.
Edgar Stoëbel peint des paysages de Montmartre et des vues du quartier de la place Clichy et de Pigalle. Il réalise des scènes religieuses hébraïques. Parallèlement, il crée les Éditions Stoëbel, écrit des musiques et des chansons qu'il produit en 78 tours jusqu'à l'arrivée du microsillon. 1950 Il fréquente assidûment Montparnasse et la Coupole, se liant d'amitié avec des artistes comme Vieira da Silva, Picasso, Chagall, Michonze, Goetz, Zadkine, Prinner. Il réalise des portraits de Piaf, Brassens, Aragon et fréquente Joséphine Baker. 1955 Sa création évolue vers une vision synthétique pour parvenir à une expression picturale appelée la Figurasynthèse. Edgar Stoëbel est sélectionné au Grand Prix International de Deauville. 1961 Dispersion en vente Publique chez Bonham & Sons Ltd à Londres et chez Philips and Neal & Sons à Londres. Participation au XXXVIe Salon Berruyer, sous la présidence de Lucien Lautrec à l'Ecole nationale des beaux-arts de Bourges. 1969 Exposition à la Galerie Waldorf, Copenhague Danemark. Vernissage en présence de Joséphine Baker. 1970 Une Irlandaise lui fait découvrir le Pub Olympia. Il y chantera presque tous les soirs des chansons de sa composition jusqu'à la fermeture du cabaret dans les années 90. 2001 Mort d'Ichoua, René Teboul, dit Edgar Stoëbel le 7 décembre 2001.

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